Jacques Voisin déclare la guerre à la CFDT

Publié le par L'Union Départementale CFTC de la Marne

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DANS L'UN DES DERNIERS édito de "La Vie à Défendre", le journal de la CFTC, Jacques Voisin s'en prend violemment à la CFDT et, à travers elle, à son secrétaire général, François Chérèque. Accrochez vos ceintures, la charge est inédite. "C'est parce que les dirigeants de la CFDT sont toujours prêts à faire des concessions, à se compromettre avec le gouvernement et le patronat, à accompagner le système, pour que la pilule soit moins amère à avaler par les salariés du privé, les agents du public, les demandeurs d'emploi et leurs familles, que le monde du travail n'a rien à attendre de cette organisation", surine le président de la CFTC. "En témoigne son obsession de nous faire disparaitre du paysage syndical, poursuit-il, allant jusqu'à se faire complice avec la CGT, le Medef et l'UMP pour adopter la loi sur la réforme de la représentation." Et Jacques Voisin de conclure à l'adresse de la centaine de milliers d'adhérents de la centrale chrétienne  : "Ne soyez pas fatalistes, ne vous soumettez pas à la dictature des gagne-petit, ne succombez pas aux chants des sirènes de la défaite, soyez fiers de ce que vous êtes et de notre CFTC."

Mais quelle mouche a donc piqué Jacques Voisin ? On pensait que
l'explosion de la CFTC en 1964, ayant entrainé la création de la CFDT et la fuite de centaines de milliers de militants, était digérée... En fait le président de la CFTC n'a toujours pas avalé - contrairement à ce qu'il dit - la position commune sur la représentativité syndicale signée par la CGT et la CFDT avec le Medef et la CGPME puis transposée dans la loi du 20 août 2008. Pour lui, cette loi est une déclaration de guerre aux petits syndicats qui a porté "un mauvais coup au syndicalisme et à la liberté", en voulant faire "un copier-coller du monde politique" via la constitution d'un paysage syndical à deux têtes ! Mais de là à utiliser les mots de "dictature", de "gagne-petit", de "compromission", de "complice" ou de "chants de sirène de la défaite", il n'y a qu'un pas que le président de la CFTC n'avait jusqu'alors jamais franchi. Il s'était jusqu'alors borné à prendre le contre-pied (assurance chômage, intersyndicale...) des initiatives de la CFDT.

A sa décharge, la représentativité
met à mal la CFTC qui, faute d'alliance ou de remise en cause, est menacée de disparaitre à terme faute de dépasser la barre fatidique des 10% des voix lors des élections. On ne compte plus les entreprises, grandes (Axa...) et petites, privées et publiques (SNCF...), où la centrale chrétienne a disparu depuis 18 mois. On ne compte plus non plus, comme dans les Transports, les désertions intervenues et les ralliements d'adhérents principalement à... la CFDT. D'aucuns disent même que les autres centrales attendent patiemment sa déchéance pour se partager ses restes. C'est pourquoi on peut assimiler cette charge inédite de Jacques Voisin comme un appel au secours ou les dernières paroles d'un condamné à mort même si le leader de la CFTC persiste à prêcher - il n'y a en fait que lui qui semble y croire - que les valeurs chrétiennes de sa centrale suffiront à lui garantir sa représentativité.

Une analyse partagée par un dirigeant de la CFDT qui trouve "regrettable" cette charge de Jacques Voisin. "C'est une tentative de mise en garde de ses troupes de travailler avec la CFDT ou de passer à la CFDT, m'a-t-il expliqué. C'est le signe d'une organisation et d'un président aux abois. Cela confirme ce que nous disent de nombreux cadres de la CFTC qui ne savent plus où va leur centrale. C'est aussi une forme de réponse à François Chérèque qui a dit cet été que la CFTC était l'organisation dont nous étions le plus proche." Conséquence ? "Cela va être de plus en plus difficile de travailler avec la CFTC, avoue-t-il. Non parce que nous ne le voulons pas mais parce qu'elle s'enferme dans une opposition qui ne sert à rien et qui la mènera à sa perte." 

Merci au service social de l'AFP ! 

Publié dans Sujets d'actualité

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