CFTC Info
Dernier conflit SNCF : La CFTC avait raison
Au bout de quinze jours de grève, les cheminots ayant cessé le travail en toute bonne foi pour défendre l’avenir de la SNCF n’ont rien obtenu. Pire, comme le craignait la CFTC avant le déclenchement de cette action, les capacités de mobilisations des salariés seront grandement affectées, alors que se profilent de lourdes menaces sur l’avenir des retraites.
Les ingrédients d’un échec annoncé
L’action a été sciemment lancée par la CGT dans la division syndicale. CFTC, FO, CGC et SUD ont été écartées des réunions préparatoires. La CFDT s’est tout d’abord associée à la grève. Elle a rapidement retiré son préavis tandis que l’UNSA a dès le départ refusé de s’y joindre. Pour sa part, la CFTC a fait clairement savoir que mener une action d’envergure juste avant la réforme des retraites constituait une très grave erreur stratégique. La CFTC partage bien évidemment les inquiétudes qui touchent à l’avenir de l’entreprise. Son désaccord avec cette action pesait sur la forme, non sur le fond. Comment espérer mobiliser efficacement les salariés avec des « grèves par Activités » aux modalités et aux motivations les plus diverses ?
Les véritables enjeux
Si les motifs de mécontentement sont nombreux, aucun fait d’actualité ne justifiait la mise en oeuvre d’une action maintenant… sauf si les véritables raisons sont ailleurs : guerre commerciale entre puissantes fédérations, règlements de comptes entre organisation majoritaire et direction, ambitions personnelles de certains dirigeants syndicaux… Cheminots et les usagers se sont retrouvés pris en étau dans des enjeux qui les ont dépassés. L’opinion publique, déjà peu favorable aux cheminots ces derniers temps, est désormais braquée contre eux. La SNCF et son personnel auraient pu redorer leur blason lors de la paralysie de l’aviation. Il en a été autrement. Un beau gâchis. Avant le début du conflit, la CFTC avait alerté les cheminots sur les conséquences prévisibles de cette grève.
Ils pensaient gagner, on a tout perdu
En 2003, la CGT avait commis sa première erreur stratégique monumentale en lançant les cheminots dans une grève sans point de sortie. A l’appel du syndicat majoritaire et d’autres organisations, de nombreux cheminots s’étaient mis en grève pour combattre la réforme des retraites. L’action était louable sur le fond. Mais appeler le personnel SNCF à faire une grève illimitée alors que les régimes spéciaux n’étaient pas touchés revenait à envoyer les cheminots droit dans le mur. Solidaire des salariés du régime général, la CFTC s’était jointe durant 2 jours au mouvement avant d’exhorter les salariés à reprendre le travail. Elle n’avait pas été entendue. Au bout d’un dizaine de jours de grève pour rien, la direction s’est sentie renforcée au point de sortir des tiroirs tous les projets de réorganisation qui y dormaient depuis 1995. Sans oublier le plan « starter », destiné à économiser 100 M€, les restrictions qui ont suivi, les conséquences sur le dialogue social…
L’histoire est un éternel recommencement. L’entreprise vient de sortir du dernier conflit plus forte qu’elle n’a jamais été, et nous tous, cheminots, nous allons morfler. Merci la CGT !
Un autre syndicalisme existe : Adhérez CFTC !